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Mes voyages en Asie depuis
vingt ans m'ont permis d'assister à des cérémonies
religieuses où les participants subissaient des épreuves
de mortifications physiques. En rapport avec ces expériences,
j'ai voulu connaître les motivations des personnes qui
s'infligeaient des marquages corporels. Sur une période
de trois ans, j'ai réalisé en studio des portraits
d'hommes et de femmes portant des tatouages, des scarifications,
des implants destinés, selon eux, à transformer
leur corps en oeuvre d'art. Par des détails mis en lumière
ou laissés dans la pénombre, photographiés
à distance ou en gros plan, ces corps sont contemplés
comme des paysages, des objets sculpturaux. Par leurs paroles,
les modèles expriment leurs motivations, leurs sentiments
par rapport au regard que la société porte sur
eux.
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