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Au milieu du 19ème siècle,
Bangkok a connu un fort développement économique.
Les immigrants chinois ont contribué à cette prospérité.
De nos jours, la proportion de Thaïs dorigine chinoise
représente 14% de la population, soit environ dix millions
de personnes. À Bangkok, une grande majorité de
familles ont des ancêtres chinois. La plupart sont les
descendants de 3ème ou de 4ème génération
du million dimmigrants chinois qui sont arrivés
dans les années 1920-1940. Pour bien sintégrer,
les migrants ont dû renoncer à leur culture et
devenir "Thaï", cest-à-dire abandonner
leurs noms dorigine et lusage de leur langue dans
les lieux publics. Ces photographies datent pour la plupart
des années 1930-1960 et ont été réalisées
dans des studios du quartier de Chinatown à Bangkok.
Dans "Lamant", Marguerite Duras se souvient
de cette tradition de la photographie de famille quand la mort
approche, lorsquelle a vécu enfant à Saigon
: "Tous les gens photographiés donnaient presque
la même photo, leur ressemblance était hallucinante.
Les portraits étaient retouchés, de telle façon
que les particularités du visage, sil en restait
encore, étaient atténuées. Les visages
étaient apprêtés de la même façon
pour affronter léternité, ils étaient
gommés, uniformément rajeunis. Tous les hommes
avaient le même turban, les femmes le même chignon,
les mêmes coiffures tirées, les hommes et les femmes
la même robe à col droit. Ils avaient tous le même
air que je reconnaîtrais encore entre tous".
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